Pour tout savoir sur de diabète de type 2

Le gène d'épargne existe-t-il?

L'humanité a radicalement changé son mode de vie en quelques centaines d'années. Pour son malheur?

Pour mieux comprendre.

 

Place de la génétique dans le diabète 2.

 

On ne peut pas, en 2012,  tenter de comprendre les causes de l'énorme pandémie de diabète 2 qui déferle sur le monde, sans s'interroger profondément sur l'aspect génétique de la question. Ce sujet a été simplement abordé dans le paragraphe "Diabète 2 et facteurs de risques (l'hérédité) ". Il faut y revenir car la génétique moléculaire nous permet aujourd'hui de mieux comprendre et d'émettre des hypothéses qui ouvrent sur des voies thérapeutiques.

 

La question est la suivante : existe-t-il vraiment des gènes qui contribuent à rendre certaines personnes prédisposées à devenir obèses et à déclencher un diabète 2 et pourquoi ces gènes auraient-ils été sélectionnés au cours de l'histoire de l'humanité?

 

Les gènes d'épargne.

 

La première réponse à ces question est apportée en 1962 par un généticien américain, James Neel (1915-2000) qui introduit la notion de "gènes d'épargne". Pour expliquer la forte poussée des cas d'obésité et de diabète 2 chez les amérindiens des Etats-Unis (notamment des indiens Pimas, Cf. ci-dessous). il  propose  l'existence de gènes d'épargne qui joueraient un rôle déterminant dans cette évolution. Il explique alors que les ancêtres de ces indiens et les indiens Pimas eux-même jusqu'à l'arrivée des européens colonisant leur terre, avaient une activité principale de cueilleurs-chasseurs depuis des milliers d'années. Durant cette longue période de leur histoire, les ressources alimentaires étaient relativement faibles ou tout au moins aléatoires. On peut alors considérer comme vraisemblable que le mécanisme de l'évolution ait sélectionné les individus dotés de gènes "économes", c'est à dire assez performants pour absorber, stocker, utiliser au mieux (et même  favoriser la satiété) les nutriments. Ces mêmes gènes appelés à fonctionner aujourd'hui alors que la nourriture est plus abondante et très différente contribueraient à favoriser la surcharge pondérale, à perturber la régulation du métabolisme énergétique et à déclencher l'apparition du diabète 2.

 

Cette hypothése est séduisante mais elle ne correspond pas complètement à la réalité des faits. La pandémie de diabète est en effet survenue très rapidement en une trentaine d'années et il y a maintenant 5000 ans que la plupart des populations du monde ne sont plus cueilleurs-chasseurs mais cultivateurs et éleveurs ce qui a introduit des changements considérables dans leur alimentation. Le diabète repéré depuis des milliers d'années (Cf "Histoire du diabète") ne semble  avoir présenté une épidémie identique à celle que nous connaissons à aucun moment de l'histoire. L'actuelle pandémie est certainement aussi à rapprocher d'une augmentation considérable de la consommation d'aliments trop raffinés (Cf. "L'intérêt des Fibres.alimentaires"), riches en sucres rapides et riches en graisses.

Pour ces raisons, James Neel lui-même a remis en question cette théorie des gènes d'épargne, concédant qu'il y avait sans doute plusieurs facteurs associés.

 

L'île de Nauru et les indiens Pimas.

 

L'histoire de ces deux populations très étudiées par les diabétologues, est cependant exemplaire et mérite d'être brièvement résumée pour illustrer cete interrogation concernant les facteurs génétiques à l'oeuvre dans le déterminisme du diabète 2.

 

*En Micronésie, dans l'océan Pacifique, les 5000 habitants de l'île de Nauru vivaient de façon traditionnelle en tirant leurs ressources alimentaires esentiellement de la pêche et d'une agriculture de subsistance. Colonisés dans les années 1930/1950par les Anglais, puis par les Australiens et les Néo-Zélandais  venus exploiter les milliers de tonnes de guano très concentré en phophates, déposé depuis des millénaires par les oiseaux de mer, les indigènes ont proclamé leur indépendance en 1968. Ils ont constitué la plus petite république du monde et sont devenus "riches" grâce au redevances payées par les sociétés industrielles. Ils ont alors cessé leurs activités traditionnelles et se sont alimentés au supermarché installé par les étrangers. Ils ont donc acheté en abondance tous les produits raffinés, sucrés et gras, produits par la civilisation ! Le résultat ne s'est pas fait attendre : en quelques années tous les habitants sont devenus obèses et le diabète 2 s'est développé à grande vitesse. En 1973, deux tiers de la population de la tranche d'âge 55 à 64 ans, était diabétiques. L'épuisement des ressources minières et une gestion déplorable des autres ressources par un état irresponsable a entraîné la quasi faillite de ce petit pays. Aujourd'hui,  il tente de survivre après des péripéties rocambolesques (blanchiement d'argent de la drogue, vente de carte de natiponalité, création d'une compagnie d'aviation !!) et surtout de soigner ses très nombreux diabétiques 2 en revenant à une vie plus traditionnelle et donc plus saine.

 

 * Dans le désert d'Arizona aux Etats-Unis vivent les tribus d'indiens Pimas installés là depuis au moins 2000 ans. Dans cette région aride, ils ont su développer habilement des fermes de culture en créant un réseau d'irrigation très performant. Au début du 20ème siècle, ces autochtones ne connaissaient pas le diabète. Mais l'arrivée des colons européen a détruit l'équilibre alimentaire de subsistance installé depuis des centaines d'années. Les nouveaux conquérants leur ont volé l'eau de leur rivières et de leurs canaux. Ils sont alors devenus progressivement dépendants des aides de l'Etat américain et ont été "contaminés" par le type d'alimentation   industrialisée à base de hamburgers, de frites et de sodas sucrés. Très rapidement, une majorité d'entre eux ont été en surpoids et par la suite ont vu se développer un diabète 2. Depuis bientôt 60 ans un centre d'étude épidémiologique à Phoenix (Arizona) suit cette population sur le plan sanitaire. En l'an 2000, plus de la moitié de la population âgée de  plus de 35 ans avait un diabète 2 et plus de 75% de cette même tranche d'âge était en surpoids ou obèse.

 

L'avis du Dr Gérard Pacaud.

 

Cette question des marqueurs génétiques du diabète 2 me passionne et je la place au centre de mes réflexions sur cette étrange maladie. En effet certains chercheurs en génétique moléculaire pensent que 3/4 de nos gènes (75%) sont utilisés pour la régulation de notre énergie cellulaire. Je n'ai pas les moyens de contrôler cette information mais un tel chiffre avancé par des personnes qui travaillent au quotidien sur ce sujet montre, pour le moins, l'importance majeure de " l'organisation de notre énergie" pour notre survie.

 

Comme je l'ai dit dans un chapitre précédent, le diabète est bien la maladie de l'énergie et vous pouvez voir, sur ce site, le nombre impressionnant de participants à la gestion de cette énergie. Le diabète 2 dans sa complexité est très loin du schéma simple découvert il y a une centaine d'années : trop de sucre, pas assez d'Insuline !

 

D'ailleurs, certains secteurs de la recherche s'appliquent à identifier des gènes régulateurs chez des personnes maigres ou qui ne peuvent pas grossir. L'idée est de découvrir le fonctionnement de ces gènes et de trouver des remèdes pour les stimuler ou les contrôler chez les personnes qui ont tendance à devenir obèses et diabétiques 2. Il faut croire en l'avenir de ces recherches.

 

Ce chapitre a été mis à jour en novembre 2017.

Dérnière modification le 17/11/2017 à 23:46:45

l'homme de Cro-Magnon était-il diabétique?

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