Pour tout savoir sur de diabète de type 2

Un très long recul pour une bonne efficacité.

Depuis 50 ans, les sulfamides hypoglycémiants ont fortement amélioré le pronostic du diabète 2.

Pour tout savoir.

 

Rappel : Tous les sulfamides hypoglycémiants sont des molécules chimiques fabriquées par l'industrie pharmaceutique.

 

Quel sulfamide hypoglycémiant?

 

Votre médecin, s'il a décidé de vous prescrire un sulfamide hypoglycémiant, le choisira parmi les noms commerciaux suivants (le nom commercial est en caractère gras et le nom de la molécule chimique en caractère normal) : 

 

Amarel (glimépiride) ; Daonil (glibenclamide) ; Diamicron (30mg) (gliclazide) ; Euglucan (glibenclamide) ; Glibénèse (glipizide) ; Glucidoral (carbutamide) ; Glutril (glibomuride) ;  Hémi-Daonil (glibenclamide) ; Minidiab (glipizide) ; Miglucan (glibenclamide); Ozidia (glipizide); Glipizide Gé.

 

Tous ces produits ont le même mode d'action  mais ils ne sont pas équivalents. J'ai déjà expliqué qu'ils stimulaient la sécrétion d'Insuline par le pancréas (Cf. "Les sulfamides 1"). Toutes ces molécules qui appartiennent à la même famille chimique  diffèrent par leur rapidité de pénétration, leur durée d'action et la capacité qu'à l'organisme de les éliminer dans un temps variable.

 

Nota : La commercialisation récente (octobre 2010) de Diamicron 60 mg qui permet une seule prise par jour, selon les cas, apporte un plus à ce remède.

 

Modalités de prises.

 

Vous commencerez toujours par des posologies faibles que vous augmenterez progressivement sur 1 ou 2 mois. Votre médecin traitant vous inscrira cela sur l'ordonnance.

 

L'horaire et le nombre de prise variera selon la demi-vie de la molécule. On appelle demi-vie d'une molécule étrangère introduite dans votre organisme, le temps qu'il faut pour réduire de moitié sa concentration  dans votre sang.  Géréralement, plus la demie-vie d'un remède est longue moins il faut prendre de ce remède en quantité et en fréquence. Mais il y a quelques surprises (Cf. ci-dessous, le Daonil)

Les demi-vies des différents sulfamides hypoglycémiants sont toutes différentes. Certaines doivent donc être prises plusieurs fois par jour d'autres une seule fois. Vous devez respecter ces modalités pour obtenir l'efficacité maximale. Votre médecin vous y aidera. N'hésitez pas à lui demander des précisions.

 

Les sulfamides hypoglycémiants se prennent plutôt avant les repas. Si un jour vous ne mangez pas ou si vous mangez très peu, votre médecin vous dira qu'il vaut mieux ne pas prendre ce remède. Ne soyez pas étonné, l'explication est simple : en stimulant la production d'Insuline vous risquez, dans cette situation, de faire trop baisser votre glycémie  car, en l'absence d'alimentation,  vous n'avez pas apporté de sucres à votre organisme. Vous pourriez alors avoir un malaise hypoglycémique (Cf.ci-dessous).

 

Les sulfamides hypoglycémiants ont une durée d'action suffisamment longue pour permettre leur administration en deux prises voire en une seule prise quotidienne. Ceci est un atout car cela permet de "sauter" la prise du midi qui est souvent oubliée par le patient.

 

Un bon moyen de "gérer" l'utilisation des sulfamides hypoglycémiant est d'en contrôler les effets par l'autosurveillance de la glycémie à l'aide du glucomètre (Cf. "Glycémie et glucomètre") dont votre médecin vous apprendra l'utilisation très simple.

 

Les effets secondaires.

 

Deux effets secondaires des sulfamides hypoglycémiants sont à considérer avec attention : la prise de poids et l'hypoglycémie.

 

-La prise de poids.

Elle est secondaire à l'inulinosécrétion et on l'observe également chez les patients traités par l'Insuline. Elle est cependant généralement modeste : 2 à 3 kilos. Toutefois, elle va à l'encontre de la prescription de perte de poids réclamée à la plupart des diabétiques 2 qui sont le plus souvent en excès de poids.

 

-L'hypoglycémie.

Le risque est réelle pour toutes les molécules. Il est cependant plus important avec les sulfamides à durée d'action très longue. Notez le cas particulier du Daonil (glibenclamide) qui malgré une demi-vie courte de 5 heures a une durée d'action prolongée de plus de 24 heures ce qui a conduit les laboratoires à proposer des comprimés à demi-dose (Hémi-daonil).

L'Incidence des hypoglycémies sévères est de 0,2 pour 1000 personnes traitées. Dans 5 à 10 % des cas elle conduit au décès et dans 5 à 10 % à des séquelles cérébrales. Dans 75% des cas, il s'agit de diabétiques 2 de plus de 65 ans. Ces chiffres ne doivent pas faire considérer ces remèdes comme dangereux mais doivent inciter les diabétiques 2 à plus d'attention et les médecins à cibler de façon plus convaincante leurs recommandations.

 

-Autres effets secondaires.

Comme toutes les molécules de la famille des sulfamides, les sulfamides hypoglycémiants peuvent provoquer : une allergie surtout cutanée, des troubles sanguins et une hépatite grave. Ces accidents sont connus et répertoriés depuis longtemps. Ils sont rares.

 

Sujets à risques et contre-indications.

 

Trois types de malades sont particulièrement à risques : Les personnes âgées (plus de 65 ans), les malades dénutris et les insuffisants rénaux.

Les doses de sulfamides sont donc généralement diminuée chez les personnes âgées et chez les personnes dont les reins fonctionnent mal.

Ils sont contre-indiqués chez les femmes enceintes (risques pour le foetus) , chez les allergiques aux autres sulfamides, chez les insufisants rénaux, chez les alcooliques avec cirrhose du foie.

 

Associer ou éviter quels remèdes?

 

-Eviter d'associer deux sulfamides hypoglycémiants. cela n'augmentera pas l'action de baisse de la glycémie mais en revanche cela risque de majorer les effets toxiques.  De même, ne pas associer avec les glinides qui ont le même mode d'action : il faut donc choisir sulfamide ou glinide.

-Eviter d'associer avec d'autres remèdes qui pourraient potentialiser (augmenter) l'action du sulfamide. Votre médecin traitant y veillera.

-Eviter des posologies élevées qui, paradoxalement,  provoquent une perte de l'efficacité du produit.

 

-Associer chez les diabétiques avec la metformine, les inhibiteurs des alpha-glucosidases, les incrétinomométiques. Les glitazones qui étaient associés aux sulfamides, sont actuellement en cours de réévaluation et ne sont plus prescrits sur le territoire français.  

 

Bilan rapide.

 

Aspect "plus":

 

* Les sulfamides hypoglycémiants sont des remèdes au rapport bénéfices/risques très correct si l'on respecte leurs modalités d'utilisation.

* Nous disposons d'un recul d'utilisation très appréciable de plus de 50 ans avec des dizaines de millions de diabétiques 2 traités.

*Ils sont le plus souvent utilisés en deuxième intention en association avec la metformine (Cf. "La metformine 1 et 2") dont ils sont parfaitement complémentaires.

 

Aspect"moins":

 

* Le risque de survenue d'hypoglycémie qui reste très minime si les précautions d'utilisations sont respectées.

* L'absence de démonstration directe d'un bénéfice sur le plan cardio-vasculaire.

*La prise de poids qu'il faut minimiser voire inverser par une alimentation adaptée.

 

En pratique :

 

Globalement de bons remèdes très "éprouvés". Il faut  bien observer : prises progressives au début, respect strict de la posologie, respect des contre-indications, autosurveillance de la glycémie. 

 

Cet article a été relu et complété en novembre 2017.

Dérnière modification le 18/11/2017 à 00:01:16

très bons remèdes éprouvés